Comment savoir si je souffre d'épuisement de l'aidant (burnout) ?
Je suis épuisée, irritée par tout et parfois j'ai l'impression de ne plus pouvoir tenir un jour de plus. Est-ce normal ou est-ce déjà de l'épuisement ?
Ce que vous ressentez a un nom : l'épuisement de l'aidant, ou burnout de l'aidant. Ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas un manque d'amour pour la personne dont vous prenez soin, c'est le résultat naturel de mois ou d'années à donner tout de soi sans pauses suffisantes. Reconnaître cela n'est pas admettre une défaite, c'est le premier pas pour pouvoir continuer à prendre soin sans se perdre en chemin.
Qu'est-ce que l'épuisement de l'aidant ?
Le burnout de l'aidant s'installe lentement. Il commence par une fatigue que le sommeil ne résout pas, suivie d'une irritabilité face à de petites choses, puis la sensation d'être toujours "branché" et jamais vraiment au repos. De nombreux aidants ne réalisent qu'ils ont atteint ce point que lorsqu'ils pleurent sans raison apparente ou ressentent de la colère envers la personne dont ils s'occupent, suivie d'une culpabilité écrasante.
Signes auxquels vous devez prêter attention
- Épuisement physique constant : fatigue qui ne s'améliore pas même après avoir dormi ou s'être reposé.
- Irritabilité et impatience : réagir avec colère à des situations que vous gériez auparavant avec calme.
- Isolement : arrêter de voir des amis, annuler des rendez-vous, sentir que "ça ne vaut pas la peine" de sortir.
- Altérations du sommeil ou de l'appétit : mal dormir même quand l'occasion se présente, manger trop ou trop peu.
- Sentiments de désespoir ou de "ne plus pouvoir en supporter davantage" : penser fréquemment qu'il n'y a pas d'issue à la situation.
- Négligence de sa propre santé : manquer ses propres rendez-vous, oublier ses médicaments personnels, reporter les soins de base.
Ce que vous pouvez faire dès cette semaine
- Identifiez une tâche à déléguer : choisissez quelque chose de concret, comme les courses ou un après-midi de compagnie, et demandez à quelqu'un de spécifique, avec une demande claire et directe.
- Prenez une vraie pause : même si ce sont 30 minutes par jour pendant lesquelles une autre personne est responsable, cela compte et c'est nécessaire.
- Parlez à votre médecin traitant : l'épuisement de l'aidant est une condition reconnue et mérite un suivi médical, il ne doit pas être ignoré.
- Cherchez un soutien émotionnel : un groupe d'aidants ou un soutien psychologique aident à traiter ce que vous ressentez sans jugement.
"Il m'a fallu deux ans pour admettre que j'étais épuisée. Je pensais que tout supporter seule était la preuve que j'étais une bonne fille. Ce n'est que lorsque j'ai commencé à mal dormir et à pleurer sans raison que j'ai réalisé que j'avais besoin d'aide."
Ressources et soutiens en France
Vous avez le droit de prendre soin de votre santé physique et mentale autant que vous avez le devoir de prendre soin de votre proche. Vous pouvez appeler la Ligne SNS 24 (808 24 24 24) pour obtenir des conseils sur les étapes à suivre. Par l'intermédiaire de l'Équipe de Soins Continus Intégrés (ECCI) ou de l'équipe de gestion des sorties de l'hôpital ou du centre de santé, vous pouvez également vous informer sur l'accès à la RNCCI, qui offre jusqu'à 90 jours par an d'hospitalisation de répit pour l'aidant. Demander cette pause n'est pas abandonner la personne dont vous prenez soin, c'est garantir que vous restez capable de le faire.