Comment donner des médicaments à quelqu'un qui refuse de les prendre?
Ma mère a commencé à refuser de prendre ses comprimés, elle les crache ou les cache sous sa langue. J'ai essayé d'insister et cela ne fait qu'empirer la situation. Que puis-je faire différemment?
Le refus de prendre des médicaments est l'une des situations les plus stressantes du quotidien d'un aidant — car cela concerne la santé de la personne, mais aussi parce qu'insister génère souvent des conflits. Le refus est rarement de «l'entêtement»: il peut s'agir de méfiance, de difficulté à avaler, de confusion quant à ce qu'elle prend, ou simplement de ne pas comprendre pourquoi elle a besoin de ce comprimé.
Pourquoi cela arrive
Aux stades plus avancés de la démence, la personne peut ne plus reconnaître les comprimés comme quelque chose de familier, elle peut avoir des difficultés à avaler (dysphagie) ou elle peut avoir l'impression d'être forcée de faire quelque chose sans en comprendre la raison. Comprendre la cause aide à choisir la bonne stratégie, au lieu d'insister de manière répétée de la même façon.
Stratégies pratiques
- Utilisez un pilulier hebdomadaire: avec sept compartiments, il facilite la gestion et réduit les erreurs, tant pour l'aidant que pour la personne, si elle a encore une certaine autonomie.
- Associez les médicaments aux repas: prendre les comprimés toujours à la même heure, liés au petit-déjeuner, au déjeuner ou au dîner, crée une routine prévisible plus facile à accepter.
- Essayez l'application eMed.pt: disponible au Portugal, elle aide à organiser les horaires, les rappels et l'historique de prise de médicaments.
- Simplifiez l'explication: utilisez des phrases courtes et directes, comme «c'est pour le mal de tête», au lieu de longues explications médicales qui génèrent de la confusion.
- Abordez toujours de face: ne surprenez jamais la personne par derrière ou de côté — approchez-vous de face, calmement, pour ne pas provoquer de sursaut ou de sensation de menace.
- En cas de difficulté à avaler, parlez-en au médecin: ce n'est qu'avec l'autorisation médicale ou pharmaceutique que les comprimés doivent être écrasés ou dissous, car tous les médicaments ne le permettent pas sans perdre leur efficacité.
«J'ai découvert que mon père refusait le comprimé blanc parce qu'il pensait que c'était du 'poison'. Nous sommes passés à la présentation liquide, avec l'autorisation du médecin, et le problème a disparu.»
Ce qu'il NE FAUT PAS faire
- Ne cachez jamais de médicaments dans la nourriture sans en parler d'abord au médecin — cela peut être juridiquement délicat et, dans certains cas, modifier la façon dont le médicament agit.
- Ne forcez pas physiquement et ne discutez pas de manière insistante — cela augmente l'agitation et la méfiance à long terme.
- Ne modifiez pas les doses ou les horaires de votre propre chef pour «compenser» une prise manquée.
Quand demander l'aide d'un professionnel
Si le refus est persistant, ou si le médicament est essentiel (par exemple, pour le cœur ou le diabète), parlez-en au médecin traitant ou au pharmacien. Il peut exister une alternative sous forme liquide, de patch ou de prise unique quotidienne plus facile à accepter. Ne décidez jamais seul d'écraser, de dissoudre ou de suspendre un médicament — toute modification de la forme ou du schéma de prise doit toujours être confirmée par un professionnel de la santé.